Mode des années 50 : comment s’habillaient les femmes de 1947 à 1959

La mode des années 50 repose sur une taille très marquée, un buste mis en valeur et une jupe soit ample en corolle, soit étroite en crayon. Cette silhouette est lancée en 1947, au sortir des restrictions de guerre. La décennie voit aussi naître le prêt-à-porter et un vestiaire propre aux jeunes.

Le New Look de 1947, point de départ de la décennie

Le 12 février 1947, Christian Dior présente à Paris sa première collection, financée par l’industriel du textile Marcel Boussac. Elle s’organise autour de la ligne Corolle : épaules arrondies, buste haut, taille étroite, hanches soulignées.

La jupe s’allonge d’environ 20 cm et réclame beaucoup de tissu. Satin, taffetas, ottoman et velours remplacent les étoffes minces et de fortune des années de pénurie. La rédactrice de Harper’s Bazaar baptise l’ensemble le « new look ».

L’accueil est partagé : des femmes reprochent à Dior ces métrages et ces longueurs à peine la guerre terminée. En 1948, une fois les pénuries finies, le New Look s’impose comme la référence de l’élégance féminine.

Jupe corolle ou jupe crayon : les deux silhouettes des années 50

Pour tenir cette ligne, Dior ressuscite des sous-vêtements structurés : corsets, jupons, rembourrages de hanches. La taille fine ne vient pas du seul tissu, elle vient aussi de la gaine et de la guêpière portées dessous.

Deux lignes coexistent ensuite. La jupe corolle est ample, souvent soutenue par un jupon, et tombe à mi-mollet. La jupe crayon est étroite, ajustée sur les hanches, et oblige à de petits pas.

Une jupe corolle et une jupe crayon présentées côte à côte sur mannequins

En 1954, Dior présente la ligne H, qui supprime la taille marquée. Les coupes droites gagnent du terrain au milieu de la décennie, et les longueurs remontent peu à peu vers le bas du genou.

Du matin au soir : le vestiaire d’une femme des années 50

La journée se porte en robe chemisier, ceinturée, boutonnée devant, avec une jupe à plis ou à godets. Elle se coupe dans des cotons et des lainages faciles à entretenir, et elle convient au bureau comme aux courses.

Pour les occasions plus habillées, le tailleur ajusté prend le relais : veste cintrée à basque, jupe droite, souvent complétée d’un chapeau et de gants. Les maisons de couture le déclinent en versions plus souples quand la ligne droite s’impose.

Le soir, la femme choisit entre la robe de cocktail, courte et ajustée, et la robe du soir bustier, longue, aux jupes volumineuses de tulle ou de taffetas. La même exigence de taille fine reste le fil conducteur de la journée à la soirée.

Tissus, imprimés et accessoires des années 50

Les imprimés racontent la décennie : vichy, pois, fleurs sur coton léger. Les tissus de ville restent structurés, et les matières synthétiques commencent à entrer dans le vestiaire, notamment dans les bas.

Les accessoires complètent la silhouette plus qu’ils ne la décorent. Les gants courts se portent en ville, les petits chapeaux tiennent haut sur la tête, le sac à main rigide se tient au creux du bras.

Gants, petit chapeau, sac rigide et escarpins pointus des années 50

Aux pieds, l’escarpin à bout pointu et à talon fin allonge la jambe sous une jupe qui s’arrête à mi-mollet. Ces mêmes accessoires se retrouvent aujourd’hui dans les tenues d’inspiration fifties : on peut voir les accessoires d’une tenue guinguette année 50 ou ceux d’une soirée guinguette pour mesurer ce qui a survécu.

Coiffures et maquillage : le visage des années 50

La coiffure se travaille. Les cheveux sont courts et bouclés, mis en plis sur bigoudis, ou relevés en chignon. La queue-de-cheval, plus simple, s’installe chez les plus jeunes.

Pour obtenir des boucles années 50, on enroule des mèches humides sur bigoudis ou en papillotes, on laisse sécher, puis on brosse doucement pour fondre les boucles en vagues souples.

Le maquillage reste précis : teint mat, sourcils dessinés, trait d’eye-liner allongé vers la tempe et lèvres rouges. Le rouge à lèvres est souvent la seule couleur vive du visage.

Jeans, blousons et rock’n’roll : la mode des jeunes et des hommes

Au milieu de la décennie, les adolescents se forgent un vestiaire à eux. Jean, blouson et tee-shirt pour les garçons, ballerines et jupe à cercle pour les filles : le cinéma et la musique rock’n’roll diffusent ces pièces bien au-delà des grandes villes.

Le prêt-à-porter, présenté par l’exposition « Les années 50, la mode en France 1947-1957 » comme une innovation de la décennie, permet à ces vêtements de circuler à un prix plus accessible que la couture. La mode devient alors un grand secteur de l’économie française.

Côté hommes, le costume s’élargit : veste plus ample, pantalon à pinces, chemise à col souple, chapeau de feutre pour la ville. La coupe reste sobre, la silhouette plus relâchée qu’avant la guerre.

Porter la mode des années 50 aujourd’hui sans faire déguisement

La règle la plus simple pour un look rétro consiste à garder une seule pièce forte : une jupe corolle, une ceinture marquant la taille ou un imprimé vichy. Le reste de la tenue reste contemporain, avec des chaussures plates, une veste courte, une coiffure naturelle.

Pour un mariage ou une soirée rétro, la robe à jupe ample et le bustier suffisent à donner l’époque, sans gants ni chapeau. D’autres décennies suivent la même logique, comme les tenues rétro inspirées des années 80 ou le retour du style année 2000.

Les codes de 1947 n’ont pas disparu : la taille ceinturée et la jupe en corolle restent des repères que les créateurs reprennent encore. Choisir une seule pièce de cette époque suffit pour que la silhouette reste lisible.

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